Etude INSERM : aliments ultra transformés (Nova) et santé

Crises en cours Le 21/02/2018

Une méthode d’origine brésilienne classe les produits en fonction de leur degré de transformation (4 classes : de brut ou peu transformé à ultra transformé dans laquelle se trouvent, entre autres, plats cuisinés et la plupart des charcuteries).

Une étude de l’INSERM publiée le 15 février, accompagnée d’un Communiqué de presse a croisé le niveau de transformation des aliments consommés dans une cohorte de 15000 volontaires au taux de cancer et a trouvé une corrélation positive. Ces résultats devraient être complétés par des études complémentaires.

 

La Classification NOVA

Des scientifiques brésiliens (Annexe 1) ont rapproché deux faits ayant connu une évolution parallèle au cours des dernières décennies :

  • Le développement mondial de la transformation des aliments faisant évoluer les habitudes alimentaires.
  • Les pandémies liées à l’alimentation (obésité, diabète, dyslipidémies, cholestérol) les maladies non transmissibles (tels que les AVC et les cancer, …).

Ils en ont tiré une classification nommée NOVA qui catégorise les aliments en 4 groupes. Elle spécifie quels aliments appartiennent à quel groupe, et fournit définitions souvent peu précises des types de traitement sous-jacents à chaque groupe, en fonction de leur degré de transformation industrielle plutôt qu’en termes de nutriments :

  • Groupe 1: aliments peu ou pas transformés :
  • Groupe 2: ingrédients culinaires, ils sont transformés, utilisés en petites quantités (huile, vinaigre, sel, vins, …) pour assaisonner et cuire des aliments du groupe 1 et préparer des préparations culinaires. Tant qu’ils sont utilisés avec modération dans des préparations culinaires à base d’aliments naturels ou minimalement transformés, ils ne déséquilibrent pas l’alimentation,
  • Groupe 3: aliments transformés. Par rapport au groupe 2, les ingrédients et techniques utilisés ici altèreraient défavorablement la composition nutritionnelle des aliments dont ils sont dérivés (ce sont des aliments tels que les légumes en saumure, les fruits au sirop, les fromages et les pains. Des produits de charcuterie tels que « viandes transformées mais non reconstitués tels que le jambon artisanal (ce produit n’est pas caractérisé), le bacon » sont dans cette catégorie,
  • Groupe 4 : aliments ultra-transformés. Famille très hétérogène (produits de snacking, biscuits, boissons gazeuses, plats cuisinés, pizzas, nouilles instantanées en font partie avec les « saucisses et les charcuteries» sic) de produits qui seraient à éviter selon les rédacteurs car ils seraient supposés déséquilibrés sur le plan nutritionnel en raison de leur formulation, de leur facilité d’utilisation et de leur présentation.

Ils auraient tendance, selon les auteurs, à être consommés en excès et à remplacer les aliments naturels ou peu transformés. Leurs moyens de production, de distribution, de commercialisation et de consommation endommageraient la culture, la vie sociale et l’environnement.

Les ingrédients des aliments ultra transformés incluent, des substances non communément utilisées en cuisine à la maison ( caséine, le lactose, le lactosérum, le gluten, …) ; certaines de ces substances sont dérivées d’ingrédients culinaires ou de constituants alimentaires auxquels on a fait subir une transformation supplémentaire telles les huiles hydrogénées ou inter-estérifiées, les protéines hydrolysées, les isolats de protéines de soja, les maltodextrines, le sucre inverti (mélange équimolaire de glucose et de fructose obtenu par hydrolyse du saccharose), les sirops de maïs à teneur élevée en fructose , des additifs dont le but est d’améliorer le goût, la présentation ou la conservation. Exemple : les colorants, les stabilisants, les arômes, les exhausteurs de goût, les édulcorants, les épaississants, les agents de charge, les anti-moussants, les agents antiagglomérants, les agents de glaçage, les émulsifiants, les séquestrants et les agents humectants.

Selon les inventeurs de NOVA, la santé des consommateurs se dégrade lors de fortes consommations de produits transformés. NOVA est connu dans le monde de la recherche en nutrition, en santé publique, …. Des rapports de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et l’Organisation panaméricaine de la santé y font référence). Des équipes mènent des études en utilisant la classification NOVA aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, au Chili, en Nouvelle-Zélande, en Suède et en France.

L’étude INSERM

Cette étude dont la publication le 15 février dans le « British Medical Journal » a été accompagnée de la diffusion d’un communiqué de presse (annexe 2) assez largement repris par les médias a croisé la consommation des « aliments ultra-transformés », groupe 4 de la classification NOVA avec l’état de santé des 105000 volontaires nutrinet médicalement suivis depuis 8 ans. Le risque de développer un cancer (2228 volontaires nutrinet ont souffert d’un cancer) serait 10% supérieure pour les volontaires consommant 10 % de plus de produits de catégorie 4. Vous trouverez une présentation de cette étude en annexe 3. Un livre a également été publié « Halte aux aliments ultra-transformés ! Mangeons vrai » (Dr Anthony Fardet).

 

Concernant les produits à base de viande, l’étude ne constate pas de distinction évidente entre la viande rouge (Groupe 1) et la viande transformée (Groupe 3 et 4) toutes deux plutôt globalement délétère contrairement aux régimes pauvres en denrées d’origine animale ET constitués d’aliments essentiellement peu transformés (régime méditerranéen) qui sont plutôt protecteurs.

 

Selon l’auteur : « ces résultats doivent donc être considérés comme une première piste d’investigation dans ce domaine et doivent être confirmés dans d’autres populations d’étude. Notamment, le lien de cause à effet reste à démontrer ». Il reconnait également que compte tenu du caractère extrêmement hétérogène de ce classement, les liens de causalité restent à démontrer.

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