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RAPPORT DE LA MISSION PARLEMENTAIRE SUR LES NITRITES : ANALYSE OBJECTIVE OU AGITATION POLITICO-MEDIATIQUE ?

15/01/2021

Le rapport sur les nitrites rédigé par 3 parlementaires a été publié. Son contenu confirme qu’il semble en grande partie avoir été rédigé avant les auditions des parties prenantes, ce qui semble peu surprenant lorsque l’on sait que Richard Ramos est un adversaire déclaré des nitrites depuis plusieurs années. Cette certitude est étayée par le fait qu’une proposition de loi d’interdiction avait été déposée bien avant la fin du cycle des auditions, qui s’est terminé vendredi 8 janvier 2021.

Cette mascarade décrédibilise ses auteurs. D’autant plus que les conclusions sont souvent décalées de la réalité des auditions et que plusieurs témoignages clés non conformes aux objectifs des rédacteurs ne sont pas évoqués dans le rapport : par exemple ceux de l’ANSES, des Ministères de la Santé, de l’Agriculture et de l’Economie ainsi que celui du Président de l’Institut du Cancer.
Par ailleurs, aucune étude documentée n’a été menée pour évaluer le risque sanitaire de l’interdiction qui est préconisée, alors même que les nitrites sont recommandés par les agences sanitaires pour éviter l’apparition de toxi-infections alimentaires.

Sachant qu’aucune expertise scientifique existante n’a démontré le risque lié aux nitrites aux doses utilisées, la FICT continue à plaider pour que soit pris en compte l’éclairage scientifique actualisé attendu de la part de notre agence nationale l’ANSES avant d’engager le débat avec les élus.

La FICT salue à cet égard la sagesse du Parlement, qui a préféré retirer la proposition de Loi qui devait être étudiée le 28 janvier à l’Assemblée, le Président de la commission des affaires économiques ayant indiqué que toute nouvelle discussion sur une éventuelle PPL devrait se tenir à la lumière de l’avis de l’ANSES. Cette marque de désaveu rétablit une normalité qui n’aurait jamais dû être ignorée.

Signalons par ailleurs la réponse du 4 janvier 2021 de la Commission Européenne à une question écrite d’un député européen du MODEM, qui confirme « que l’avis scientifique de l’EFSA fournit aux gestionnaires des risques des informations suffisantes sur la sécurité des nitrites, ce qui ne justifie pas une interdiction générale de l’utilisation de ces substances en tant qu’additifs alimentaires ».

Bien entendu, la position de la Commission Européenne prend en compte les risques liés aux interactions des nitrites avec les viandes transformées pendant la digestion, contrairement à certaines informations fallacieuses indiquant que seule la toxicité éventuelle directe des nitrites était analysée par l’EFSA, voire par l’ANSES. Le rapport ne fait d’ailleurs aucune référence aux positions de notre agence nationale l’ANSES sur les nitrites et calomnie gravement les travaux réalisés par l’Académie d’Agriculture de France.

Par ailleurs, les bases scientifiques utilisées par l’OMS pour signaler l’existence d’un danger lié à la consommation excessive des viandes transformées et des charcuteries ont fait l’objet d’analyses récentes établissant un niveau de risque marginal pour le consommateur.

L’OMS classe également le soleil comme cancérigène, avec des recommandations pour une exposition modérée.
Doit-on interdire tous les aliments et les boissons qui, consommés en excès, présentent un risque ? Ceci s’inscrit, bien entendu, dans le respect des préconisations des autorités de santé publique relatives aux quantités de charcuteries à consommer.

Il est également reconnu que les risques évoqués sont quasiment réduits à néant lorsque les charcuteries sont consommées avec d’autres aliments non carnés complémentaires du repas.

Rappelons aussi que le débat ne concerne pas seulement le jambon cuit.
Les nitrates et les nitrites sont utilisés dans la majorité des 450 recettes de charcuterie, de tous nos terroirs, répertoriées au Code des usages partagé par tous les artisans et les entreprises, et dont le respect constitue une obligation contrôlée par la DGCCRF. Le rôle gustatif des nitrites / nitrates est, en effet, incontournable pour la plupart de ces recettes. Leur suppression entrainerait dans bien des cas l’apparition de composés aromatiques indésirables, déclassant ainsi la saveur traditionnelle des produits.

Nos entreprises ne s’enferment toutefois pas dans un conservatisme figé. Elles proposent sans cesse des évolutions dans le respect de la demande croissante de naturalité des consommateurs :

– Réduction en 2020 de 50% du nombre d’additifs utilisés dans les charcuteries
– Réduction en parallèle de près de 40% de la teneur maximale en nitrites dans les charcuteries par rapport à la réglementation depuis 2016
– Rajout d’antioxydants tels que la vitamine C depuis de longues années pour prévenir les effets supposés des contacts des nitrates/nitrites avec toutes les viandes pendant la digestion.

Le projet de recherche Adduits, dont les premiers résultats sont attendus en 2021, nous éclairera sur les mécanismes de digestion des charcuteries contenant des nitrates et des nitrites ainsi que sur l’usage amélioré d’antioxydants préservant mieux les charcuteries, comme la vitamine C.
Critiquer par avance les chercheurs de l’INRAE qui pilotent ce projet par des procès en conflit d’intérêt relève de la diffamation.

Par ailleurs, au regard des positions exprimées par l’Union Européenne, une interdiction en France ouvrirait la porte aux charcuteries de tous les autres pays contenant des nitrites et des nitrates, générant ainsi une concurrence déloyale condamnant nos entreprises et nos artisans.

L’interdiction des nitrates / nitrites dans les charcuteries conduirait à une recrudescence des intoxications alimentaires devenues rares aujourd’hui (Clostridium botulinum, Salmonella, Listeria, Clostridium perfringens, Bacillus cereus) et à une perte de qualité gustative de bien des produits, alors que le risque lié à leur usage est insignifiant grâce à la réglementation actuelle et quand les préconisations des autorités sanitaires sont respectées par les consommateurs.

Il est consternant de constater que ces deux questions ne sont absolument pas documentées dans le rapport parlementaire.

La FICT confirme son ouverture aux débats et aux préoccupations des consommateurs et continuera à initier en permanence des démarches de progrès à la lumière des avancées de la science.

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